Blog de la bibliothèque de Messigny et Vantoux (21)
Jean-Louis FOURNIER
Dès les premières lignes, il donne le ton : « J’ai souvent demandé au petit Jésus que mon papa ne boive plus et qu’il ne tue pas maman. J’en profitais aussi, quand c’était Noël, pour demander, en plus, un cadeau. »« Il a jamais tué personne mon papa »
En nous évoquant ses souvenirs scolaires à Saint–Joseph à Arras et sa peur du Jugement Dernier, Jean-Louis Fournier a l’art de nous faire aimer ce gamin à la tête pleine de picots qu’une organisatrice de procession propose de frisotter: « c’était comme si on lui demandait de faire des anglaises à un hérisson ». Qu'est-ce qu'il n'imagine pas pour faire rire ? Il se présente devant son professeur avec des yeux collés sur les lunettes et quand il trouve la statue de La Sainte Vierge trop moche soit il la canarde avec son lance-pierre soit il va la déposer dans les WC de l’école. Avec toutes ses bêtises, il a peur d’aller en enfer mais il monte au ciel quand il écoute Chopin en regardant les salsifis courir sur le piano (c'est lui qui l'écrit) et voit Luis Mariano au cinéma.« J’irai pas en enfer »
remplis de ses aphorismes et autres conseils sur le passage à la vieillesse. « N'allez plus aux enterrements de vos amis, vous allez vous faire repérer » ou de terribles constats : « Savez-vous comment on s'aperçoit qu'on est vieux ? Quand même bronzé, on reste moche ». En riant de lui-même, ne chercherait-il pas à nous apprendre à ne pas trop nous prendre au sérieux et à prendre la vie un peu plus légèrement ?« Mon dernier cheveu noir »