Blog de la bibliothèque de Messigny et Vantoux (21)
Ecrivain algérien, né le 10 Janvier 1955, il choisit comme pseudonyme les deux prénoms de son épouse pour lui rendre hommage ainsi qu’à toutes les femmes algériennes. Il publie un certain nombre d’ouvrages mais dévoilera son identité dans un livre autobiographique « l’Ecrivain ».
Yasmina Khadra est officier supérieur dans l’armée algérienne où il y passe 36 années de sa vie. Il quitte l’armée pour se consacrer à l’écriture. Il vient s’installer en France en 2001.
On le découvre à la Bibliothèque avec :
Les Hirondelles de Kaboul
qui retrace le terrible quotidien des femmes et des hommes afghans pris dans la folie du régime des Talibans.
L'attentat
paru en 2005, livre retenu par les jurys du Goncourt et du Renaudot a bien secoué les lecteurs de la Bibliothèque.
Au cœur de Tel-Aviv, il y a un attentat. On vient annoncer à Amine, chirurgien-urgentiste que son épouse est la femme-kamikhase qui vient de provoquer le carnage ? Amine est palestinien et il a adopté depuis quelque temps la nationalité israélienne , il est devenu un médecin très reconnu à Tel-Aviv.
Amine part dans le village où il a grandi pour comprendre ce qui a pu conduire sa femme à une telle extrêmité.. Yasmina Khadra nous fait vivre au plus près la quête d’Amine en redonnant au conflit israélo-palestinien toute sa dimension humaine et son extrême complexité.
Les sirènes de Bagdad
Dernier volet de cette trilogie qui nous emmène dans les petits villages irakiens soumis au tir des troupes américaines. Témoin de massacres incompréhensibles et d’une humiliation qui le fera sortir de son ennui et de sa torpeur , un jeune Bédouin part à Bagdad accepter une mission.
Avec ces trois livres, il devient impossible d'entendre les informations à la TV ou à la radio sans penser aux hommes et aux femmes en prises dans leur quotidien avec les horreurs de la guerre.
Son dernier livre nous ramène dans son pays,l'Algérie.
Ce que le jour doit à la nuit

Le sort s’acharne contre Issa. Il vient de perdre sa récolte et doit quitter les terres ancestrales pour aller se réfugier avec sa femme et ses deux enfants dans les faubourgs sordides d’Oran. Malgré cela, il refuse l'aide de son frère pharmacien. Un jour il se résout pourtant à lui confier son fils Younès pour lui offrir une autre vie. Cet oncle va lui permettre de « réussir là où son père a échoué ». Younès est rebaptisé Jonas par sa tante . Un jour, son oncle est arrêté. Celui-ci décide d’aller vivre à Rio Salado « un pays de grâce ». Younès-Jonas va alors e faire des amis parmi les jeunes colons. Ils deviennent inséparables,comme « les doigts de la fourche ». Mais y trouve-t-il vraiment sa place ? Partagé entre Younès et Jonas, qui est-il vraiment ? « Pourquoi, lorsque mes camarades rigolaient franchement , mon rire traînaillait-il derrière le leur » ? Un jour, il voit arriver dans la pharmacie de son oncle, la jeune Emilie qu’il retrouvera plus tard. Celle-ci, dès son retour à Rio Salado enflamme les cœurs de ses amis , et même celui de Younès. Younès restera fidèle à la parole donnée, sa loyauté à l’égard de ses amis est inébrallable en même temps qu’il soutient les siens lors d' évènements qui vont conduire aux dernières heures de la colonisation . Younès reste accrocher à toutes ces valeursqui le déchirent, celles-là même qui ont conduit son père à sa perte. Mais à quel prix ? que fera-t-il des paroles porteuses d’espoir de cet oncle qui veut lui offrir une autre vie que celle de son père. Que fera-t-il de l’amour qu’il porte à cette femme, quand il entend son oncle lui répéter : Si tu veux faire de ta vie un maillon d'éternité et rester lucide jusque dans le coeur du délire, aime...Aime de toutes tes forces, aime comme si tu ne savais rien faire d'autre, aime à rendre jaloux les princes et les dieux, car c'est en l'amour que toute laideur se découvre une beauté."
« si une femme t’aimait, aucune divinité ne t’arriverait à la cheville »
On ne retombe pas en enfance, on n’en sort jamais écrit Yasmina Khadra, dans ce livre bouleversant. L'histoire de Younès en est-elle l’illustration ?
A travers ce livre qui nous retrace l’Histoire de l’Algérie entre 1936 et 1962 ,Yasmina Khadra nous parle de tolérance en secouant à nouveau les visions du monde peut-être parfois trop manichéennes .
On lui reproche une certaine complaisance ? Nous , à la bibliothèque de Messigny et Vantoux , on aime ces écrivains qui savent nous bousculer y compris dans nos points de vue parfois simplistes ou trop arrêtés , qui sait.