Blog de la bibliothèque de Messigny et Vantoux (21)
Kathryn STOCKETT / La couleur des sentiments
Aibileen est domestique chez les Leefolt, elle est très attachée à la petite fille de la maison ignorée par sa mère Elisabeth.
Minny , sa meilleure amie , travaille chez les Holbrook mais a du mal à mettre en application ce que sa mère lui a appris : ne pas répondre à sa patronne blanche miss Hilly et à la mère de celle-ci qui heureusement est sourde.
Ces jeunes dames de la société blanche de Jackson se réunissent régulièrement pour leur partie de bridge. La question du moment est grave : les Leefolt qui n’ont pas de toilettes réservées à leur bonne noire, doivent absolument en installer chez eux selon Miss Hilly qui veut proposer une loi pour promouvoir l’installation de sanitaires réservées aux domestiques « qui ont d’autres maladies qu’eux ».
Aibileen assiste à la discussion, silencieuse mais meurtrie.
Seule Miss Steecker, l’amie de lycée de ces dames, ne partage pas son avis. En aparté, elle pose une drôle de question à Aibileen : « Vous n’avez pas envie de changer les choses ? »
Miss Steecker n’est pas comme les autres. D’abord elle mesure 1.82 m et après ses 4 années de faculté, a envie d’être écrivain, pose sa candidature dans une maison d’édition.
Et commence alors à germer une terrible idée : celle d'écrire un livre qui retracerait la vie des domestiques noires au service des blancs.
Mais les conséquences du moindre écart de la population noire sont encore terribles dans ce Sud raciste qui a du mal à évoluer.
La question de Skeeter a pourtant fait son chemin, Aibileen voudrait bien changer les choses.
Réussira-t-elle à convaincre ses amies de ne plus accepter de se taire et d'apporter leur témoignage à Miss Steeker, tout cela en cachette tant les risques sont grands ?
Livre magnifique à trois voix, Miss Skeeter la blanche, Minny et Aibileen, les noires.
Rien de manichéen dans ce roman bouleversant, plein d’humour. A travers le récit du quotidien de ces trois femmes très attachantes, l'auteur sait faire ressortir en filagrane toute la violence de la ségrégation raciale tout en parvenant à nous faire aussi ressentir de la compassion pour certaines de ces dames blanches enfermées dans leur univers oisif et plein de contradictions.
Il est question aussi de Bob Dylan ,de Martin Luther King et d’un autre livre qu’on a bien envie maintenant de découvrir aussi : "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur"de Lee HARPER.