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Blog de la bibliothèque de Messigny et Vantoux (21)

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Petits trésors

Louise ERDRICH/ La malédiction des colombes


la-malediction-des-colombes-204x300.jpgL’évènement fondateur est posé d’emblée  au tout début du récit : dans la petite ville de PLUTO en bordure d’une réserve indienne, le meurtre en 1911 d’une famille de fermiers , seul un bébé est épargné peut-être grâce à la musique d’un violon. Ce meurtre ne sera pas élucidé et pèse sur la ville comme une malédiction au même titre que celle des  colombes quand elles s’abattent sur les champs et dévorent les récoltes.

 Dans les années soixante, Evelina HARP, jeune adolescente adore écouter les histoires de son grand père, Séraph MILK appelé Mooshum. Evelina est amoureuse de Corwin PEACE mais elle est en train de s’enticher d’une enseignante, Sœur Maie Anita.

A l’évocation de son nom, son grand-père lui raconte alors le terrible lynchage de  4 indiens qui ont suivi le meurtre de 1911 et dont Moshum a réchappé. Le grand-père de Marie-Anita faisait partie des lyncheurs.

Evelina, bouleversée par ce récit, va petit à petit comprendre pourquoi son grand-père a été épargné en s’intéressant de près à la question de la filiation dans  cette histoire qui mêle dans des liens tortueux plusieurs familles, les MILK, les COUTTS, les PEACE et les HARP  dont chaque représentant va prendre tour à tour la parole avec Evelina pour nous dévoiler une bribe de l’histoire de tous ces descendants qui expient la faute originale de leurs ancêtres, ces lyncheurs ou ces lynchés qui ont été aussi les protagonistes d’une autre expédition : celle des géomètres et des guides indiens qui ont donné naissance à la ville de PLUTO.

 

En filigrane, la musique d’un violon traverse magiquement les récits et nous enchante quand il passe dans les mains du  grand-oncle d’Evelina. D’autres passages enchanteurs, savoureux et poétiques donnent à ce livre une puissance narrative qui a du mal à quitter le lecteur, s’il se laisse prendre dans les fils de cette histoire qui nous plonge au cœur de celle d'une réserve indienne bordée des nouvelles villes conquérantes.


Louise ERDRICH , fille d'une indienne OJBWA et petite-fille  d'un immigré allemand  est une voix importante de la littérarture américaine contemporaine:

"On me perçoit comme une Indienne, certes, mais c'est une définition trop étroite, car j'ai la chance d'avoir des origines culturelles très riches. Ma mère n'est pas seulement Ojibwa, elle a aussi des ancêtres canadiens. Quant à mon père, il m'a rendue particulièrement sensible à la tradition germanique et à notre héritage d'immigrés sur le sol américain." 

 

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