Blog de la bibliothèque de Messigny et Vantoux (21)
Jiang RONG / Le totem du loup
En 1967, Chen Zhen, jeune étudiant chinois quitte Pékin avec trois amis, pour aller en Mongolie Intérieure loin de la Révolution Culturelle. Il s’installe auprès des peuplades mongoles dont le totem est le loup. Il emporte avec lui des livres sur l’histoire de la Mongolie et plein de questions : comment et pourquoi ce petit peuple si peu nombreux a pu fonder cet immense empire de la Chine à l’Europe et d’où lui venait ce talent militaire ?
Bilig, vieux pasteur mongol, finit par le considérer comme son fils et lui transmet son savoir car il a pressenti chez son protégé sa fascination pour les loups. « Nous les Mongols avons appris des loups à nous battre et à chasser. Chez vous, il n’y a plus de meutes et vous n’avez donc pas de maîtres pour vous initier à l’art de la guerre. Pour combattre et vaincre, un vaste territoire et une population nombreuse ne sont pas d’une grande aide : c’est un loup qu’il faut être, pas un mouton ».
Bilig l’emmène au contact des loups et lui fait découvrir combien « la steppe est le théâtre de luttes sans merci », les terribles attaques des hordes de loups (âmes sensibles passez ces pages) contribuent pourtant à maintenir l’équilibre de la nature et à préserver la steppe.
Même s’il est conscient de commettre un sacrilège, Chen Zhen fait alors le projet d’élever un loup pour encore mieux comprendre cet animal. Où cette expérimentation le mènera-t-il ?
Quand il conduit ses troupeaux vers de nouveaux pâturages, il se confronte à la rudesse de la vie pastorale, il assiste également, impuissant, à l’extermination des loups commandée par le pouvoir central chinois et la fin de la vie nomade dans les steppes.
Cet hymne certes partisan, à la steppe, à la nature peut être à certains endroits « rude » à lire, certaines descriptions de massacres mériteraient d’être raccourcies, mais en même temps qu’il glorifie toutes les qualités du loup, l’auteur nous apprend beaucoup sur l’histoire de ce petit peuple héritier de Genghis KHAN.
Un film tiré de ce livre va être tourné par le réalisateur du Seigneur des Anneaux. Mais est-ce une bonne chose ?