
Le premier secrétaire de la Bibliothèque était le mari d’une bénévole. Le deuxième secrétaire est aussi le mari d’une autre bénévole.
Quelques maris viennent chercher leurs épouses-bénévoles à la fermeture de la bibliothèque.
C’est un mari qui a récupéré les superbes affiches qui ornent les murs de la bibliothèque. Et ce n’est pas moins un mari qui a aidé son épouse-bénévole-préposée à la décoration à accrocher ces belles affiches.
Et qui appelle-t-on quand l’ordinateur s’est planté ? Un mari, qui quittera aussitôt ses travaux pour venir remettre le PC dans les rails. Eh oui, la bibliothèque fourmille de maris sans cesse sollicités et prêts à offrir leurs compétences, leur soutien, leur force.
Il y a également les maris des lectrices chargés certains jours de rapporter les livres de toute la famille et d’en prendre des nouveaux. Qui n’ont pas déjà été lus si possible. Parfois cela devient pour eux un vrai casse-tête.
– Je ne sais pas si celui-là va lui plaire.
Les bénévoles attentives viennent alors à leur secours. Connaissant Madame, elles ont quelques idées à leur proposer. Un autre mari arrive à la banque :
– Je me demande si elle l’a lu celui-là ?
– Pas de problème. Attendez, on vérifie dans la machine. Y'a plus qu'à cliquer dans « Historique » et hop, la liste des livres lus apparaît. Non, elle ne l’a pas lu.
– Ouf ! dit le mari.
A la bibliothèque, il n’est certainement pas question de s’interroger sur le sens de ce soulagement !
Et puis il y a tous les lecteurs-maris-autonomes qui se débrouillent tout seuls et qui, comme tout le monde furètent, explorent, lisent quelques lignes d’un livre pris au hasard, reposent, demandent parfois, empruntent et puis s’en vont...