
Grimés, affublés de superbes chapeaux, casquettes, capelines ou bonnets de laine, les « Amulecteurs » chargés de l’animation de cet anniversaire ont entrepris de balader à travers les rues de Messigny et Vantoux les bénévoles anciens, actuels ou plus récents et amis tout confondus de la Bibliothèque, présents sur la place de la Mairie à 15 heures. Y avait même un cheval. Il avait l’air d’être chargé d’ouvrir la marche, on aurait dit, et d’indiquer les haltes prévues pour les lectures.
Lecteurs et amis de la Bibliothèque sont tout ouïe, médusés en découvrant de drôles de personnages,
la Dame Blanche pour le moins inquiétante et
le Revorcheux au rire cannibalesque. Les yeux écarquillés, ils passent par des endroits impossibles comme
l’impasse du carré aux boucs ou s’agglutinent dans le bassin sec du lavoir et se figent dans une contemplation quasi religieuse des Amulecteurs déclamant ou gesticulant tels des moulins à vent, dans les arches du lavoir pris dans une lumière automnale. Certains frissonnent en écoutant les voix entremêlées de deux "amuchanteuses" .
D’autres évoquent leurs souvenirs de gamins, émus de revenir à certains endroits. Les voilà qui se mettent tous à chanter sur le pont qui enjambe le Suzon pendant qu’un tracteur, au loin, trépigne ; il voudrait bien passer, lui qui travaille pendant que d’autres entonnent :
« Les seigneurs de Saint Seine
au château de Vantoux… »
non loin de la fontaine
entendent les coucous…
coucou Vantoux… »
Un dernier petit ravissement est offert aux marcheurs à l’avant–dernière halte prévue à la boulangerie nouvelle dans le cœur du village où un thé délicieux à la menthe façon marocaine et un cake à la noix de coco les attendent également au moment où les Amulecteurs font honneur au pain.
Il est plus de 18 heures quand la petite foule arrive dans la Bibliothèque et pousse un ah! d’admiration devant les broderies suspendues. On cherche déjà le nom des fleurs pour répondre au questionnaire et certains pensent même à passer commande s’il n’est pas l’heureux gagnant.
Pas le temps de s’attarder davantage dans ce lieu. A respecter le timing, il faut sauter des étapes mais surtout pas celle de l’apéritif prévu à 18 heures à la Mairie. Mais le cheval est toujours là et il faut le ramener avant la nuit. Les panneaux et le diaporama font triste mine, car il n’y a plus de temps pour les lire attentivement, tout, tout savoir sur la bibliothèque et découvrir ce qui se passe entre ses rayons classés, vidés, nettoyés, désherbés, renouvelés.
Qu’on se le dise : certains pourraient penser tout bas que c’était pas la peine de venir la veille au soir et le matin même encore pour faire des rajouts d’images, s’attacher à faire ressortir les chiffres sur du papier jaune, corriger l’orthographe, chercher des fleurs dans les jardins. Tous ces petits détails que l’on ne saurait voir si on ne les regarde pas de près. Mais dit-on en douce, panneaux et diaporama sont là jusqu’à fin novembre, on aura tout le temps d’expliquer comment remplir les questionnaires.
A cette heure, on a le fin mot du tout début de l’histoire de la Bibliothèque grâce à Monsieur le Maire qui en rappelle les débuts.
Encore un aparté ? Quelqu’un dans l’assemblée se rassure : forts de ces précisions, les visiteurs ne devraient pas trop s’attarder devant le panneau n°1 et poser des questions.
Enfin, Monsieur le Maire invite chaque bénévole à se présenter à lui pour décerner selon le degré d’implication et de responsabilité, l’une une médaille, l’autre un bouquet, et selon le sexe, une rose ou une bouteille. L’un d’entre eux se voyant offrir une rose prévient Monsieur le Maire qu’il ne lui fera pas la bise comme le font ses congénères féminines.